La foule en noir pleurait dans la clairière. Malgré l’agitation, les discours et les flashs des photographes, un voile de deuil donnait à la scène une douce et triste sensation de calme et d’éternité. De fait chacune des personnes présentes devait à jamais garder en mémoire l’image des cinq cercueils qu’on enterrait, le Requiem qu’un chœur en aubes blanches chantait, accompagné par un piano, les bougies déposées sur l’herbe mouillée, qui, avec les fleurs blanches, scintillaient d’un éclat morne. La douleur n’épargnait aucun des assistants. Personne ne remarqua la frêle silhouette d’enfant cachée dans les buissons, personne n’entendait ses sanglots silencieux. Toutes les larmes du monde semblaient avoir empli son cœur. Bien des heures plus tard, quand le soir avait remplacé la foule, l’enfant descendit de sa cachette et marcha tout doucement vers le centre de la clairière, au milieu de l’arc de cercle dessiné par les cinq tombes blanches. L’enfant s’agenouilla. La pluie se mit à tomber, et la forêt devint noire et terrible.
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Qualis artifex pereat in me
Cher jeune talent, ce prologue possède l'éloquence et la qualité littéraire qui n'appartiennent qu'à la quatrième de couverture d'un roman érotique slovaquo-polonais destiné au marché texan. On est saisi par la puissance des images, la rigueur de la ponctuation et ce flot irrésistible d'idées qui vous élèvent dans les hauteurs de la pensée aux côtés de Steevy Boulay et de BHL. Pourquoi écrit-on? Ou plutôt pourquoi écrivez-vous? Ou encore pourquoi exposer ce que vous écrivez? Est-ce de l'exhibitionniste ou simplement une overdose de laxatifs? Car pour le dire de façon plus châtiée, c'est bien à une logorrhée que s'apparente votre prose: l'écriture chez vous ne nait pas de l'exigence du sens ou d'une quelconque recherche esthétique mais de l'envie irrépressible de débiter des âneries pourvu qu'elles soient accompagnées du plus grand nombre d'adjectifs. Vos textes ne disent rien et ne veulent rien dire; ils se complaisent seulement dans le pur déversement d'eux même qui donne au lecteur la posture tout à fait désagréable d'un quelconque voyeur. Certains se contentent de chanter sous la douche, songez donc à écrire sur votre corbeille.
Ecrit par: César | 09/05/2008 23:10
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